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Les Canadiens champions de la longévité... en mauvaise santé

MONTRÉAL, 25 août 2026 (GLOBE NEWSWIRE) -- L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) appelle à faire de l’amélioration de l’espérance de vie en santé une priorité, à la lumière d’une importante étude publiée récemment dans The Lancet Public Health. Malgré une espérance de vie parmi les plus élevées au monde, le Canada fait partie des pays où l’écart entre les années vécues et les années vécues en bonne santé est le plus important.

Selon cette vaste analyse internationale du Global Burden of Disease Study 2023, les populations vivent plus longtemps que jamais, mais les gains en santé ne progressent pas au même rythme que les gains en longévité. À l’échelle mondiale, cet écart s’est creusé de près de 22 % depuis 1990 et a augmenté dans 203 des 204 pays et territoires étudiés. Autrement dit, les progrès réalisés pour prolonger la vie ne se traduisent pas automatiquement par autant de progrès pour prolonger la vie en bonne santé. Le Canada, pour sa part, se classe parmi les trois pays où cet écart est le plus important, avec près de 14 années vécues en moins bonne santé.

Un fossé de morbidité de près de 14 ans au Canada

L’étude s’intéresse au « fossé de morbidité », soit l’écart entre l’espérance de vie et l’espérance de vie en santé. Au Canada, cet écart atteignait 13,7 ans en 2023, le troisième plus important parmi les 204 pays et territoires étudiés, derrière les États-Unis (14 ans) et l’Australie (13,9 ans). En 1990, il était de 11,4 ans : le fossé canadien s’est donc creusé de 2,3 ans, ou 20,3 %, en un peu plus de trois décennies.

Pour l’ASPQ, cette tendance est préoccupante. Allonger la vie ne suffit pas si les années vécues en bonne santé ne progressent pas au même rythme. Dans ce cas, les gains de longévité s’accompagnent d’un plus grand nombre d’années vécues avec des problèmes de santé ou des incapacités. L’étude montre d’ailleurs que cet élargissement du fossé ne se concentre pas uniquement dans les dernières années de vie : il s’observe tout au long de la vie adulte.

Les chercheurs montrent également qu’une part importante de ce fardeau est associée à un nombre relativement restreint de problèmes de santé et de causes d’incapacité, souvent non mortels. Les troubles musculosquelettiques, les problèmes de santé mentale, les maladies touchant les organes sensoriels, les blessures non intentionnelles et d’autres maladies non transmissibles représentaient ensemble 57,4 % des années vécues en mauvaise santé dans le monde en 2023.

« Nous avons réussi à ajouter des années à la vie, mais nous ne réussissons pas au même rythme à garder notre population en santé. Au Canada, l’écart atteint maintenant près de 14 ans et s’est creusé de plus de deux ans depuis 1990. Notre prochain défi collectif est donc clair : faire en sorte que nos gains de longévité deviennent aussi des gains de santé », affirme Thomas Bastien, directeur général de l’ASPQ.

Un signal d’alarme pour le Québec

Au Québec, cette réalité est déjà bien présente. En 2023-2024, 57 % des personnes de 65 ans et plus vivaient avec au moins deux maladies chroniques et 37 % avec trois maladies chroniques ou plus. Chez les personnes de 75 ans et plus, la multimorbidité touchait plus de sept personnes sur dix.

L’enjeu prendra encore davantage d’ampleur avec le vieillissement démographique : selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec, les personnes de 65 ans et plus pourraient représenter le quart de la population québécoise dès 2031. Si un nombre croissant de Québécois·es vivent plus longtemps avec plusieurs maladies ou des incapacités, les conséquences se feront sentir bien au-delà du réseau de la santé : sur les besoins de soutien à domicile, les proches aidants, la perte d’autonomie et les finances publiques.

C’est pourquoi, pour l’ASPQ, la question n’est plus seulement de savoir combien d’années nous gagnons, mais dans quel état de santé elles seront vécues. L’espérance de vie en santé doit donc devenir une véritable boussole des politiques publiques québécoises, au même titre que les indicateurs liés à l’accès aux soins et à la performance du réseau.

« Vivre plus longtemps est une réussite. Mais notre ambition collective doit maintenant être de vivre plus longtemps en santé. Le prochain gouvernement du Québec aura le choix : continuer à intervenir principalement lorsque la maladie est installée ou agir beaucoup plus tôt pour réduire son apparition, retarder ses conséquences et préserver l’autonomie », affirme M. Bastien.

Des solutions déjà sur la table pour la prochaine élection

À l’approche des élections québécoises, ces résultats rejoignent directement les priorités de la Coalition québécoise pour la réduction de la maladie, qui rassemble plus de 65 organisations. Sa plateforme électorale appelle notamment à renforcer la prévention et la promotion de la santé, à mieux mesurer les résultats en santé et à mobiliser l’ensemble de l’appareil gouvernemental pour réduire le fardeau de la maladie.

Ils font également écho aux travaux de la Coalition québécoise pour vieillir en santé, qui appelle à faire du vieillissement en santé une priorité et à accélérer le virage vers le soutien à domicile. Elle propose notamment la création d’un Régime national d’allocation à l’autonomie (RNAA) afin de mieux soutenir les personnes en perte d’autonomie et de favoriser les services et soins à domicile.

« Les données du Lancet nous montrent que la longévité ne peut plus être notre seul indicateur de réussite. À l’approche des élections, les partis doivent aussi nous dire comment ils comptent permettre aux Québécois·es de vivre davantage d’années en santé. Chaque année de vie en santé gagnée est un gain pour les personnes, pour notre système de santé et pour le Québec », conclut M. Bastien.

À propos de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité. L’ASPQ soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La santé durable s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention. www.aspq.org.

Contact
Véra Ferret, Directrice des communications et responsable des relations publiques
Association pour la santé publique du Québec
Cellulaire : 450-626-8879 — Courriel : vferret@aspq.org


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